L’aventure Machu Picchu

Découvrez la suite et la fin de l'épopée de Fabienne. L'ambassadrice des sacs à dos Machitos, a fini son périple en beauté au sommet du Machu Picchu !

Fabienne porte un sac à dos Fuerza à découvrir ici ➸ http://bit.ly/vamos-machitos


Voilà un épisode qu’il me tardait de raconter ! La légendaire cité inca de Machu Picchu est l’une des plus grandes merveilles qu’il m’ait été donné de découvrir pendant mes voyages. C’est carrément une épopée d’y arriver sans débourser plus de 100 dollars (le billet d’entrée coûte déjà cher) mais l’expérience en vaut vraiment la peine. 

Accéder au Machu Picchu par la route

Il n’existe que deux moyens pour arriver au pied du Machu Picchu : en train ou à pied. Le train, folklorique et bigarré, coûte un minimum de 70 dollars par personne. Cela ne prend que 3 heures depuis la ville de Cuzco car il emprunte moult tunnels et traverse les montagnes toujours tout droit ou presque. C’est cher, mais c’est tranquille et cela permet d’atteindre Aguas Calientes, la porte d’entrée au Machu Picchu, sans encombres. 

L’expérience est autrement plus excitante en bus : départ de Cuzco de bon matin avec mon ami allemand Matthias. Le minibus de 18 personnes file rapidement vers la Vallée Sacrée. Après 6 à 7 heures de route si aucun glissement de terrain n’est passé par là (ils sont fréquents à la saison des pluies), à travers des routes de montagnes sinueuses et des chemins de terres vertigineux qui manquent de nous tuer à chaque virage et à chaque pont (je n’exagère pas), le minibus laisse ses passagers à Hidroelectrica.

C’est une centrale hydraulique située au pied du Machu Picchu, à partir de laquelle les voyageurs doivent marcher 2h30 pour rejoindre Aguas Calientes. Il faut en fait contourner la montagne le long de la ligne de chemin de fer… encore en service. Bref, tout cela est très sûr bien entendu.

Bon, la sécurité n’est pas maximale, il est vrai, ni sur la route, ni le long des rails, surtout la nuit : en effet, lorsque nous avons décidé de nous rendre à Machu Picchu, un énorme éboulis bloquait la circulation pendant 2 heures, ce qui nous a fait arriver à la nuit tombée.

Mais malgré les émotions de la route, quel ne fut pas notre bonheur de randonner tranquillement après le coucher du soleil, le long du vieux chemin de fer, entre jungle et fleuve torrentiel, sans savoir à quel moment nous verrions les lumières d’une ville !

Le cadeau de cette promenade fut même d’observer d’innombrables lucioles accrochées aux parois des montagnes, un spectacle féérique qu’il n’est pas donné de voir aux randonneurs de jour. La balade elle-même est donc un véritable enchantement et une belle introduction à ce qui nous attendait le lendemain.

Le château dans le ciel

Après avoir dormi dans ce qui est probablement la ville la plus humide, mouillée et trempée du monde – la bien nommée Aguas Calientes – c’est à 4 heures du matin qu’on entame l’ascension du pic Machu Picchu : la Vieille Montagne en langue Quechua. Le chemin pour arriver à l’un des sites les plus mystérieux et touristiques de cette planète est le plus pentu que j’aie jamais vu. Des marches en pierres immenses mènent à l’entrée. Là, à 5h du matin, la queue est déjà longue.

Finalement, l’accès est enfin ouvert ! Nous sommes sur le point de découvrir ce qui devrait être l’une des 7 merveilles du monde… Quelle incroyable expérience alors que de découvrir la cité de pierre ennuagée à l’aube ! Les montagnes environnantes forment un océan de nuages. L’horizon est invisible, la ville est hors du temps. Figée dans l’Histoire, grandement façonnée par le passée et fascinante dans le présent, elle se dresse devant nos yeux ébahis : la mythique Machu Picchu, suspendue dans le ciel. C’est elle dont Miyazaki s’est inspiré pour faire son film, maintenant j’en suis sûre.

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Matthias et moi parcourons les rues de l’antique cité, les yeux émerveillés, les poumons et le cœur remplis d’une énergie ancienne qui demeure entre les murs de Machu Picchu
 

Ici, le Temple du Soleil. Là, le temple du Condor. Plus loin en descendant les escaliers, on imagine les quelques 300 personnes qui résidaient en permanence là-bas plusieurs siècles auparavant : cultures en terrasses, offrandes au Dieu du Soleil, commerces dans les rues de la ville… et soudain, nos yeux se posent sur deux amis colombiens rencontrés à Cuzco, eux aussi au sommet du Machu Picchu ! L’univers ayant conspiré à nous rassembler pour la visite, nous décidons de découvrir le reste tous ensemble.

Les nuages se dégagent bien vite et laissent place à un soleil brûlant (le pire coup de soleil de ma vie). Machu Picchu apparaît alors sous un autre visage. Bien que rempli de groupes de touristes, la montagne est assez vaste pour conserver sa grandeur et avaler tout le monde. D’un point culminant, nous prenons le temps de faire les traditionnelles photos touristiques : la parfaite photo Facebook. Puis nous empruntons les sentiers adjacents pour découvrir les multiples facettes de ce lieu magique. Les lamas nous poursuivent pendant nos déambulations.

La journée passe bien vite au Machu Picchu. Même après plusieurs heures de balade à profiter de l’énergie et de la beauté des montagnes, une tristesse nous envahit tous les quatre au moment de partir.

C’est ce qui se passe lorsqu’il est donné aux humains de ressentir la grandeur et la beauté d’aussi près. Ni Juan, ni Camila, ni Matthias ou moi-même n’avons envie de quitter ces lieux chargés de mystère ! Nous n’avons pas encore percé les secrets de sa construction, ni ceux de sa beauté !

Mais il faut bien s’y résoudre… Pour notre redescente vers la terre, les montagnes semblent nous avoir entendus. Comme cadeau d’adieu, elles nous offrent un arc-en-ciel d’une intensité incomparable.

Rideau de papillons sur le Machu Picchu

Le chemin du retour, le lendemain, est léger et enjoué. Nous devons de nouveau parcourir les rails et cette fois nous croisons plusieurs trains. Les conducteurs nous saluent au passage. Nous marchons gaiement en folâtrant en bordure de jungle avec les papillons… et quels papillons ! Des couleurs plus vives que le soleil, plus intenses que la rivière en contrebas… qui nous suivent et nous accompagnent le long des voies. 

Une réserve de papillons se trouve d’ailleurs sur notre chemin : les recherches qui y sont faites visent à comprendre l’écosystème des papillons dans le Machu Picchu pour mieux les comprendre. Allons y faire un tour !

 
Le chercheur qui nous accueille (qui a juste l’air d’un jardinier mais en fait en connaît un sacré rayon sur les papillons) nous explique qu’à cause de la pollution due au tourisme du Machu Picchu, les chenilles mangent désormais des feuilles sales et seules 15% d’entres elles deviendront des papillons. Quelle tristesse ! C’est pourquoi ils ont ouvert ce petit centre en pleine nature pour les étudier et les protéger. 
 

Après cette rencontre instructive, nous poursuivons notre route en nous arrêtant plusieurs fois sur la rive du fleuve, pour nous imprégner de son pouvoir. La force de l’eau nous submerge et nous aspire. Toutes les puissances de la nature sont à l’œuvre dans ces montagnes péruviennes.

Rien d’étonnant à ce que les Quechua aient décidé de bâtir leur citadelle sacrée en haut d’une telle montagne, où convergent les esprits naturels de l’univers (je suis très mystique, oui… mais vous auriez envie de l’être aussi après la même aventure Machu Picchu). 

La vie suspendue

L’aventure est loin d’être terminée. Lorsque nous parvenons à Hidroelectrica après avoir rencontré deux adorables chiots sur notre chemin – il y a beaucoup de chiens errants au Pérou – on nous apprend que pendant que nous vivions un rêve en haut de la montagne sacrée, le fleuve a emporté le pont par lequel nous sommes sensés rentrer en minibus.

Siempre más ! est la phrase que j’ai apprise pendant ce voyage. S’il y a quelque chose que voyager en Amérique du Sud vous apprend, c’est la patience et la flexibilité. Nous ne sommes plus à ça près. C’est donc reparti pour une petite randonnée dans le lit du fleuve et un passage par un petit pont suspendu. 

Finalement, après des heures à attendre que nos amis chauffeurs de minibus s’organisent entre eux pour nous ramener sains et saufs à Cuzco, c’est sur la route que nous mangeons un excellent riz au poulet acheté dans une mini échoppe de montagne.

A la frontale dans les virages, le dîner est excellent. Par la fenêtre, les étoiles brillent de mille feux mais Matthias n’ose pas me réveiller. Je m’endors systématiquement dans un transport, surtout après avoir mangé. Je n’imaginerai donc la voie lactée qu’à travers son récit émerveillé. Décidément, toute la nature aura été au rendez-vous, dans ce moment de vie suspendue à une montagne de légende.


 

Auteur de l'article

  Fabienne, créatrice du blog Food & Voyage A la cherche du pain perdu

 

Fabienne, créatrice du blog Food & Voyage A la cherche du pain perdu