A la rencontre de Mano a Mano à Comas, Lima​

Fabienne, une de nos #Machitas, est en ce moment au Pérou. Chaque semaine, elle partage son voyage, ses rencontres et ses découvertes avec vous. 

Pour débuter son roadtrip, Fabienne a fait le choix du tourisme solidaire. Machitos a donc eu le plaisir de lui recommander l'association Mano a mano avec laquelle nous collaborons dans le cadre de notre programme "Backpack for Barrios".

C'est donc à Comas, un quartier populaire de la banlieue de Lima et bien loin des zones touristiques, que le périple de Fabienne débute.


Le matin de mon deuxième jour à Lima, je me lève et je descends à la réception de mon auberge de jeunesse de Miraflores pour dire que je veux aller à Comas. « COMAS ?, me dit-on en écarquillant grand les yeux, Mais pourquoi tu voudrais aller là-bas ??? C’est vraiment dangereux et il n’y a rien à voir ! »

Mano a Mano, l’association du bidonville de Comas

« COMAS ?, me dit-on en écarquillant grand les yeux, Mais pourquoi tu voudrais aller là-bas ??? C’est vraiment dangereux et il n’y a rien à voir ! »

Je veux aller là-bas parce que c’est dans cette partie de la banlieue nord de Lima que se trouve l’établissement de Mano à Mano, association française dont la mission est d’améliorer les conditions des habitants du quartier, La Ensenada. Effectivement, Lima est jonchée d’inégalités qui se traduisent par des bidonvilles qui grimpent sur les montagnes environnantes (sans eau courante, sans électricité) à côté d’un centre-ville à l’architecture coloniale bigarrée.

Du quartier aisé de Miraflores, il est quasiment impossible de trouver un taxi qui accepte d’aller jusqu’à Comas – les transports en commun n’allant pas jusque là non plus. Après plusieurs essais infructueux, j’arrive enfin à convaincre un taxi de m’y emmener et de revenir me chercher, pour 65 soles. Une heure, des poussières, des embouteillages et beaucoup de bidonvilles traversés plus tard, me voici devant la terrasse du restaurant solidaire tenu par Mano a Mano.

  Comas. Banlieue du cône Nord de Lima

 

Comas. Banlieue du cône Nord de Lima

A quoi ressemble Mano a Mano ?

En pratique, Mano a Mano est installée dans une grande maison en plein milieu du bidonville. Contrairement au cône sud de Lima, bien entretenu, avec des espaces verts et proches de la mer, Comas me semble très désertique. Poussiéreux, le paysage est brun et chaud. Ce jour-là, il fait près de 30°C à Lima.

L’engagement de l’association prend plusieurs formes et soutient avant tout le développement des femmes et des enfants dans le quartier. Pour les aider au mieux à sortir de vies précaires, courantes dans les quartiers pauvres de Lima, Mano a Mano met en place des programmes d’éducation, intervient sur la santé de proximité et enseigne les techniques de construction aux femmes du quartier.

Je suis accueillie par Socorro, qui me fait découvrir la maison. Au rez-de-chaussée, le restaurant solidaire et la pâtisserie. Au premier étage, l’atelier d’artisanat péruvien : plusieurs femmes et des bénévoles français, tous entre vingt-deux et vingt-huit ans, sont occupés à couper de larges bandes du tissu coloré traditionnel péruvien. Enfin, au dernier étage, qui s’étend sur deux bâtiments, se trouvent les chambres, car la maison fait aussi auberge pour les touristes solidaires.

  Menu du jour. Miam ! - Comas, Lima

 

Menu du jour. Miam ! - Comas, Lima

Dans la pâtisserie de la Señora Gloria

Comme je ne reste malheureusement que quelques heures, on m’attribue quelques tâches qui ne demandent pas beaucoup de temps : j’ai de la chance, c’est à la pâtisserie qu’on me met ! Je vais donc aider la Señora Gloria à préparer toutes ses douceurs. Je confectionne des alfajores, un gâteau typiquement péruvien proche du napolitain : une couche de dulce de leche entre deux sablés, le tout saupoudré de sucre glace. Je crois que je n’ai jamais autant aimé les sablés qu’avec les alfajores.

J’aide ensuite à ranger le petit chariot qui ira parcourir les rues du quartier, poussé par un bénévole dans l’après-midi. Tout doit être parfaitement rangé : les empanadas au poulet près des triangles aux épinards. Les parts de flan à la vanille en quinconce, à côté des tartelettes au citron meringuées.

 
Toutes ces pâtisseries délicieuses sont réalisées par Gloria, qui a déjà passé 9 ans à travailler chez Mano a Mano : quatre ans en tant que « femme constructrice » puis depuis trois ans, elle est responsable de la pâtisserie solidaire de l’association.
 
  Rico alfajores. Un délice ! - Comas, Lima

 

Rico alfajores. Un délice ! - Comas, Lima

  Préparation des pâtisseries - Comas, Lima

 

Préparation des pâtisseries - Comas, Lima

  Mmmm - Comas, Lima

 

Mmmm - Comas, Lima

Un antre de bonne humeur et de solidarité

La bonne humeur semble être toujours de mise, des cuisines à l’atelier, jusqu’à la terrasse du restaurant solidaire. Beaucoup de gens du quartier viennent déjeuner chez Mano à Mano, qui propose l’habituel menu péruvien, entrée + plat principal + boisson, pour 6 soles. Gloria m’informe que le menu est au même prix que dans d’autres restaurants du quartier, mais que la cuisine est meilleure chez eux : voilà pourquoi les gens viennent ! Je goûte la soupe du jour et le riz aux fruits de mer qui se trouvent au menu… c’est un véritable délice !

  "Ici, nous n'acceptons que des sourires, les bonnes manières et des good vibes ! Le reste doit rester dehors" ! - Comas, Lima

 

"Ici, nous n'acceptons que des sourires, les bonnes manières et des good vibes ! Le reste doit rester dehors" ! - Comas, Lima

  Restaurant Mano a mano - Comas, Lima

 

Restaurant Mano a mano - Comas, Lima

  On se régale au restaurant de Mano a mano - Comas, Lima

 

On se régale au restaurant de Mano a mano - Comas, Lima

Le temps passe vite chez Mano a Mano. J’ai à peine le plaisir de partager des moments avec les autres bénévoles – Augustin, étudiant en géographie, reste deux mois et demi au Pérou, Esteban (Etienne) quant à lui, est là pour un an et travaille à l’administration de l’association. Je rencontre même Océane, originaire de l’île de La Réunion comme moi, incroyable ! Un couple de touristes franco-péruvien s’apprête également à repartir après avoir séjourné dans l’auberge avec leur fille, en stage dans l’association pendant une semaine.

 
Quelques heures plus tard, je repars donc tout sourire et heureuse d’avoir pu passer du temps chez Mano à Mano, pour découvrir l’autre côté de Lima, celui que les touristes qui restent dans les bars de Miraflores et les boîtes de nuit de Barranco ne voient jamais. Cela restera mon expérience la plus marquante dans la capitale péruvienne. Merci de m’avoir accueillie Mano a Mano !
 
 

 
Auteur Fabienne, créatrice du blog Food & Voyage A la cherche du pain perdu

Auteur

Fabienne, créatrice du blog Food & Voyage A la cherche du pain perdu